Figurines & modélisme

Guillaume Ponce

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Les Apprêts que j’utilise

Quand je me suis détourné des peintures acryliques, c’était en partie pour me lancer en quête de peintures plus résistantes. Il va de soit que cette quête concerne également les apprêts.

Avant d’aller plus loin, je profite de cette introduction pour évacuer un point : un bon apprêt doit fournir une bonne couleur écran, qui réfléchit correctement la lumière. Cela revient à dire qu’il doit être blanc ou gris clair. A mes yeux, les apprêts noirs, pourtant prisés par de nombreux figurinistes, sont des aberrations.

Le mieux serait théoriquement le blanc. J’ai, cependant, une légère préférence pour les apprêts gris, car je trouve qu’il rendent les figurines plus lisibles au moment d’aborder la peinture et de repérer d’éventuels défauts d’ébavurage. J’aime également commencer une peinture en pulvérisant un peu de peinture blanche de façon zénithale sur un apprêt gris, même si je ne le fait pas systématiquement. A défaut de servir de pré-ombrage1, cela permet de repérer où il conviendra de poser les éclaircissements, si jamais cela devait ne pas être évident.

Résumé pour l’Homme pressé

Je n’utilise plus d’apprêt en bombe. Mais si je devais le faire, je considère que les références suivantes sont de bons produits :

Les apprêts et leurs circonstances d’utilisation

Il existe pratiquement autant de types d’apprêts qu’il existe de types de peintures. La raison en est que les apprêts sont, en gros, des peintures dont les pigments sont des charges de gris de plus gros grains que les pigments des peintures afin de fournir une bonne surface d’accroche à ces dernières.

Ma découverte de différents types d’apprêts a donc suivi ma découverte des différents types de peintures basées sur les mêmes liants. J’ai donc découvert les apprêts alkydes en même temps que les peintures alkydes, les apprêts cellulosiques en même temps que les peintures cellulosiques, les apprêts époxys en même temps que les peintures époxys, mais je me suis abstenu de pousser jusqu’aux apprêts polyuréthanes quand j’ai découvert les peintures polyuréthanes.

Sur le plan de la résistance, la documentation que j’ai consultée sur les peintures bicomposantes m’a appris que les époxys étaient les plus résistantes à l’arrachement et les polyuréthanes les plus résistantes à l’abrasion. Ceci fait que, alors que les polyuréthanes seraient les plus indiquées pour les couches supérieures appliquées sur un sujet (dernières couches de peinture et vernis), ce sont les époxys qui sont à favoriser sur les couches inférieures, y-compris l’apprêt. Je suis donc arrivé à la conclusion que l’apprêt idéal est un apprêt époxy.

Me fournissant en peintures époxys auprès de la marque Klass Kote, j’ai donc tout naturellement également commandé leur apprêt. Il s’agit d’un excellent apprêt que j’utilise donc régulièrement. Il est disponible en gris et en blanc, ce blanc resortant légèrement cassé.

J’ai également trouvé un autre apprêt époxy, le Stoppani Epoxy Plus, auprès de mon fournisseur en peintures polyuréthanes. Celui-ci est d’un blanc immaculé.

J’applique ces deux apprêts exclusivement en extérieur, au pistolet à peinture, si les conditions météorologiques le permettent.

Je continue à régulièrement utiliser ces apprêts époxys et les considère comme d’excellents produits. Je suis cependant revenu sur certaines considérations qui font que je ne les utilise pas systématiquement.

La notice du Stoppani Epoxy Plus précise qu’une pièce apprêtée devrait être peinte dans les 3 mois. Si la notice de l’apprêt Klass Kote ne précise rien de tel, je suppose qu’il peut en aller de même. En me documentant sur le sujet, j’ai appris que les apprêts époxys « se vitrifiaient » dans le temps par contact avec l’air, ce qui limiterait la capacité d’accroche des peintures si on ne les applique pas avant que ce phénomène intervienne. Ceci est d’autant plus dommage que l’emploi du pistolet à peinture conviendrait bien à l’apprêt en masse de lots conséquents de figurines et inciterait donc à en apprêter un certain nombre à l’avance.

Avant de m’intéresser aux peintures et aux apprêts époxys, je me suis intéressé aux peintures et aux apprêts cellulosiques. C’est à cette époque que j’ai découvert le Mr Surfacer, disponible en différents grains. Si le 500 ne convient pas à l’apprêt mais plutôt au rebouchage, les version 1000 et 1200 conviennent parfaitement et sont même suffisamment fines pour être appliqué à l’aérographe plutôt qu’au pistolet à peinture.

Ce produit, monocomposant, est plus simple d’emploi que les apprêts époxys bicomposants. Il est donc plus aisé d’en préparer de petites quantités pour n’apprêter qu’une ou deux figurines. Et je trouve sont gris froid, très légèrement bleuté, idéal en termes de lisibilité apportée à la figurine et constitue même une bonne couleur finale pour représenter certains matériaux comme le béton.

S’il est théoriquement moins résistant que les époxys, il a néanmoins passé tous les tests de grattage à l’ongle et d’arrachement aux adhésifs de masquage que j’ai pu lui faire passer. A la différence d’autres apprêts cellulosiques, il a également passé les tests de souplesse2 que je lui est fait subir, ce qui le rend apte à apprêter des pièces en plastique souple (c’est également le cas pour les apprêts époxys).

Aujourd’hui, je tends à utiliser principalement le Mr Surfacer pour les figurines en plastique et à réserver les apprêts époxys aux figurines en métal, pour lesquels leur surplus de résistance pourra peut être jouer, ou quand j’ai des figurines à apprêter en assez grand nombre d’un coup. Je tâche alors de leur appliquer assez vite au moins la première couche de base de peinture de chacune des surfaces.

Tous ces apprêts se diluent avec des diluants cellulosiques. J’utilise pour chacun d’eux le diluant de la même marque. Pour le Mr Surfacer, j’utilise le diluant Mr Color Leveling Thinner, qui incorpore une part de retardateur favorisant la tension du film lors du séchage et évitant le bouchage de la buse de l’aérographe.

Quand la météo ne permet pas l’emploi d’aérographes ou de pistolets à peinture en extérieur, je me rabat sur le Humbrol n°1 appliqué au pinceau. J’évite cependant de le faire sur une figurine qui devra recevoir d’importantes couches de base de peintures aux diluants agressifs, tels que des peintures époxys.

J’ai une fois essayé le Mr Surfacer au pinceau, mais cela ne m’a pas convenu.

Apprêts que je n’utilise pas, ou plus

Bombes aérosol

Comme tous les figurinistes, j’ai à une époque utilisé des apprêts en bombes aérosol.

Je ne le fais plus depuis que je suis équipé en aérographes et pistolets à peinture, les conditions météorologiques nécessaires à l’utilisation de ces derniers étant sensiblement les mêmes que pour les bombes. Ce n’est pas que les bombes soient mauvaises (en tous cas pas toutes), mais les aérographes et pistolets à peintures permettent d’obtenir des résultats supérieurs ou égaux pour des coûts de revient inférieurs (hors investissement, substantiel, dans le matériel).

Si je ne les utilise pas, ou plus, je considère néanmoins que les produits suivants sont de bonne qualité :

  • Apprêt en bombe Tamiya.

  • Apprêt en bombe Mr Surfacer.

  • Apprêt en bombe Motip, trouvable en magasin de fourniture pour automobiles (Feu Vert, par exemple) et moins onéreux que les précédents.

En revanche, je dois signaler quelques déconvenues que j’ai eu à subir avec les produits suivants :

Les bombes Citadel

Les blanches (du moins était-ce le cas à l’époque où je les utilisais) produisait une sorte de gros grain. Trop gros. Et, pour autant que je me souvienne, elle pouvait se gratter à l’ongle, ce qui dénote une résistance très inférieure à ce que je recherche.

Les bombes noires semblaient de bien meilleure qualité, au moins au niveau du grain. Seulement elles sont noires, ce qui, pour moi, est rédhibitoire.

Les bombes Prince August

J’ai eu de gros problèmes avec l’une de ces bombes grises qui se vantait, en toute modestie, d’être le meilleur apprêt du monde. Le produit qui en est sortie était si épais qu’il a réussit à transformer un cavalier elfe noir en bibendum chamallow.

J’imagine que j’ai pu tomber sur une bombe défectueuse. Mais ça ne m’a pas encouragé à persévérer avec cette gamme. D’autant que son gris est trop foncé, à mon avis, pour véritablement constituer une bonne couleur écran.

Les bombes Julien

Pour un projet, j’ai voulu utiliser un apprêt antirouille en bombe Julien, indiqué pour la préparation des carrosseries de voitures, dont la couleur beige pouvait constituer une bonne couleur de base pour ce que je voulais peindre. La texture de l’apprêt était bonne et il semblait doté d’une bonne résistance mécanique.

En revanche, il s’est révélé particulièrement sensible aux diluants cellulosiques. Après application d’une peinture cellulosique, comme la peinture Alclad, le tout pouvait facilement se gratter à l’ongle, laissant la matière de la figurine à nu.

Apprêts cellulosiques Alclad

Comme j’ai découvert les peintures métallisées Alclad, j’ai tout naturellement exploré le reste de la gamme. Il se trouve que cette marque commercialise également des apprêts cellulosiques.

Ces apprêts ont les mêmes qualités, mais aussi les mêmes défauts, que les peintures cellulosiques. Il sont fins et résistent bien à l’arrachement, mais le film qu’ils laissent après séchage est extrêmement rigide.

Aussi, s’il peut convenir pour des support rigides, comme certains métaux, il risquera de se craqueler sur des supports souples.

Mr Base White 1000

Je me suis procuré un pot de Mr Base White 1000 en pensant, en me basant sur la forme du pot et sur le nom du produit, que j’aurais la même chose que le Mr Surfacer auquel j’étais habitué, mais de couleur blanche plutôt que grise.

Mais cela n’a pas été le cas, sauf en ce qui concerne la couleur blanche. Je me suis retrouvé, en gros, avec le même problème qu’avec l’apprêt Alclad : un film rigide qui craquelle sur des supports qui sont trop souples pour lui.

Apprêts acryliques « polyuréthanes »

La marque Vallejo commercialise des bouteilles d’apprêts acryliques « polyuréthanes » diluables à l’eau. Leur marketing prétend que ce produit allie le meilleur des deux mondes, la facilité des acryliques et la résistance des polyuréthanes.

Tout d’abord, je trouve extrêmement douteux un produit monocomposant qui prétend incorporer des polyuréthanes, que je connais comme bicomposantes. Mais passons.

Je trouve, et ça n’engage que moi, que ce produit est une des pires daubes que j’aie jamais testées.

Sa texture ne me convient pas du tout, que ce soit à l’état solide sur la figurine après séchage ou à l’état liquide dans le godet de l’aérographe. Je lui ai trouvé un aspect caoutchouteux qui ne favorise pas l’accroche de la peinture et qui me fait grimacer quand il passe à travers la buse de mon aérographe. L’aérographe s’est d’ailleurs révélé particulièrement pénible à nettoyer après utilisation du produit.

Sur le plan de la résistance, j’ai trouvé que le produit ne tenait pas, mais alors pas du tout, ses promesses. J’ai constaté des problèmes à l’arrachement d’adhésifs de masquage.

Ce produit semble pourtant avoir ses adeptes. Grand bien leur fasse, mais ce n’est visiblement pas pour moi.


  1. Je trouve que le pré-ombrage à l’aérographe est une technique potentiellement intéressante. Mais je n’insiste pas sur cette approche du fait que les peintures alkydes Humbrol que j’utilise le plus souvent pour mes couches de base sont particulièrement couvrantes (ce qui a par ailleurs aussi des avantages) et tendent à complétement masquer le pré-ombrage. De toutes façons, les fondus à l’huile demeurent mes techniques de prédilection pour réaliser les ombrages et les éclaircissements.

  2. Le fait que le Mr Surfacer passe les tests de souplesse est une surprise d’autant plus grandes que les peintures cellulosiques acryliques de la gamme Mr Color du même fabriquant ont été recalées par les mêmes tests. J’en viens même à me demander de quoi est véritablement composé le Mr Surfacer et s’il s’agit bien d’un apprêt cellulosique. Il se dilue pourtant bien au diluant cellulosique, mais il est également vrai que ces diluants sont capables de diluer à peu près tout et n’importe quoi.

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