Figurines & modélisme

Guillaume Ponce

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Les Peintures que j’utilise

Ma technique de prédilection est celle de la peinture à l’huile. Mais elle est, dans le cadre de la peinture de figurines, plutôt à réserver à la réalisation d’effets par dessus des couches de base réalisées avec d’autres types de peintures, plus maigres. J’utilise donc différents types de peintures selon les étapes à réaliser et selon les effets désirés.

Résumé pour l’Homme pressé

Pour les couches de base
Pour les effets

Peintures alkydes

Le terme de « peintures alkydes » peut paraître savant. Mais il s’agit en fait de peintures que beaucoup de modélistes connaissent, au moins de nom, sous l’appelation de peintures « enamel ».

La marque la plus répendue en France est Humbrol et c’est celle que j’utilise. La marque Revell en produit également, ainsi que la marque Model Masters, appartenant au fabriquant Testors et plus répandue en Amérique du Nord. Enfin, la marque japonaise Tamiya en produit également, mais elles sont nettement moins répandues que leur gamme d’acryliques solvantées.

« Enamel » n’est pas une façon appropriée de caractériser un type de peinture. Il n’existe en effet pas de résines « enamel » au même titre qu’il existe des résines acryliques, cellulosiques, époxys, polyuréthanes ou encore des huiles siccatives pour servir de liants pour des peintures portant leurs noms respectifs.

Les peintures de la gamme « Super Enamel » d’Humbrol sont donc des peintures alkydes moyennes en huile, comme me l’a confirmé le service après vente de la marque que j’ai contacté par courrier électronique.

Les peintures alkydes sont des dérivés, plus modernes et industriels, des peintures à l’huile. Elles entretiennent donc un certain cousinage avec ces dernières, utilisent les mêmes diluants et sont même plus ou moins miscibles avec elles (caractéristique que je m’abstiens d’exploiter).

J’emploie ces peintures aussi bien au pinceau qu’à l’aérographe. Dans les deux cas, je les dilue avec de l’essence F, pas trop odorante et relativement bon marché par rapport au diluant de la marque.

Ces peintures sont relativement grasses. Moins que les peintures à l’huile, mais plus que tous les autres types de peintures. Cela les rend faciles à étaler au pinceau.

Je les trouve également idéales à utiliser à l’aérographe. Ce sont mêmes les peintures et les plus confortables à utiliser à l’aérographe parmi toutes celles qu’il m’a été donné d’essayer (et cela en fait un sacré paquet).

Comme elles sont lentes à sécher, elles ne bouchent pas la buse de l’aérographe. Cette lenteur de séchage peut également être exploitée pour s’éviter la corvée du masquage à l’adhésif de zone à protéger des projections de peinture. Un pinceau imbibé d’essence F peut en effet être utilisé comme un effaceur.

Pour le cas où un masquage se révèlerait tout de même préférable, la peinture alkyde est suffisamment résistante pour résister à l’arrachage de l’adhésif (à condition, évidemment, de réaliser le masquage une fois la peinture sèche). Je n’ai jamais eu de problème d’arrachement au démasquage avec de la peinture Humbrol, alors qu’il m’est arrivé d’en avoir avec de peintures bicomposantes réputées plus résistantes (polyuréthanes1).

Le fait qu’elles soient monocomposantes les rend d’ailleurs bien plus simples à utiliser que des peintures bicomposantes, comme les peintures époxys ou polyuréthanes. Et leur dilution à l’essence F est considérablement moins nocive que la dilution aux diluants cellulosiques que nécessitent les bicomposantes citées.

Ceci fait qu’après avoir poussé mes explorations du domaine des peintures jusque dans le domaine des bicomposantes, j’en suis finalement revenu à utiliser principalement des peintures Humbrol. Si elles sont moins résistantes (du moins théoriquement), elles le sont suffisamment pour une utilisation de modéliste.

Comme elles sont, de plus, remarquablement souples, quand il s’agit de peindre des figurines en plastique j’utilise désormais systématiquement des peintures Humbrol. Il n’y a que pour des figurines en métal qu’il m’arrive encore d’hésiter entre des peintures époxys et des peintures alkydes, selon les couleurs disponibles, le temps dont je dispose, la météo et l’humeur du moment.

J’utilise des teintes mates, plus adaptées à la peintures de figurines et offrant une meilleure accroche pour la peinture à l’huile.

Il existe cependant une exception à cette règle : j’utilise la référence Humbrol n°21, noir brillant, comme couche de base pour les peintures métallisée. Les teintes brillantes Humbrol sont les plus brillantes qu’il m’ait été donné d’utiliser. Or, la brillance de la couche de base est essentiel pour la bonne utilisation de certaines teintes Alclad.

Peintures époxys

J’ai poussé mes recherches en matière de peintures alternatives à l’acrylique assez loin. Bien plus loin que la limite des peintures que l’on peut trouver facilement dans des boutiques de modélisme ou dans des boutiques de beaux arts.

En me documentant sur le sujet, je suis arrivé sur l’information selon laquelle les peintures les plus résistantes sont les peintures bicomposantes, parmi lesquelles figurent les époxys et les polyuréthanes.

La première peinture époxy que j’ai tenté d’utiliser était une peinture pour sol en phase aqueuse. Le résultat a été catastrophique. Je ne suis pas parvenu à diluer correctement cette peinture et me suis retrouvé avec une sorte de bouillie infâme impossible à utiliser sur des figurines.

J’ai donc recherché une peinture époxy qui serait formulée spécifiquement pour le modélisme. Je n’en ai, à ce jour, trouvé qu’une gamme : celle de la marque américaine Klass Kote. Elle est importée en Europe exclusivement par une boutique d’aéromodélisme britannique, auprès de laquelle je me suis procuré quelques bidons.

L’emploi de cette peinture souffre de contraintes liées à sa nature bicomposante. Avant de pouvoir utiliser la peinture, il faut la mélanger dans les bonnes proportions avec un durcisseur et laisser ce mélange reposer entre 20 et 30 minutes (en fonction de la température ambiante) pour permettre au processus de polymérisation de s’enclencher.

Ceci dit, cette gamme de peinture présente en compensation de ces contraintes quelques caractéristiques remarquables :

Les teintes proposées sont effectivement peu nombreuses. Elles se limitent à quelques couleurs de base et à des teintes courantes dans le modélisme d’aviation (la gamme est plutôt dédié à l’aéromodélisme domaine dans lequel on est plus enclin à rechercher des peintures particulièrement résistantes que dans celui de la peinture de figurines).

De plus, les plus petits conditionnements proposés font tout de même une demi pinte (sachant qu’il faut rajouter autant de durcisseur, on se retrouve avec une pinte de mélange final au minimum). Le figuriniste qui envisagerait d’adopter ces peintures devra donc se résoudre à effectuer ses propres mélanges. C’est ce que j’ai fait en investissant dans des pots en verre de 30 mL que l’on trouve en pharmacie et en tenant à jour un nuancier personnel pour retrouver les mélanges que j’ai utilisés.

Une dernière précision : le diluant de la marque appartient à la famille des diluants cellulosiques. On est donc résolument dans le domaine du très toxique avec ces peintures.

Peintures métallisées cellulosiques Alclad

Les années 2000 et 2010 ont vu, notamment sous la houlette des somptueuses peintures studio des figurines de feu la marque française Rackham, le retour en grâce de la technique dite du « métal non métallique » (MNM). Il s’agit de représenter les métaux par des peintures non métallisées, par exemple différentes nuances de gris pour l’acier, en peignant en trompe l’œil des reflets avec des transitions très marquées du sombre au clair.

Cette période a été pour moi comme pour nombre d’autres peintres une période de dilemme sur l’approche à adopter pour représenter les métaux. D’un côté, le MNM apportait une esthétique plaisante pour des sujets d’inspiration fantastique ou de science-fiction, proche des comics américains … quand il est bien réalisé.

Mais d’un autre côté, cette esthétique ne va pas avec tous les sujets, notamment historiques, et sa bonne réalisation est assez difficile. Or, autant un MNM bien réalisé peut être joli, autant il sera hideux quand il sera mal exécuté. Avec des peintures métallisées, on obtient, en revanche, facilement un résultat acceptable, à défaut d’être spectaculaire.

Mais ce qu’on oublie de noter, c’est que ce retour en grâce du MNM doit beaucoup au fait que la plupart des figurinistes, mêmes professionnels, utilisent de peintures acryliques et que ces peintures sont particulièrement médiocres quand il s’agit de fournir des bonnes teintes métallisées (pour des raisons que j’ignore).

Mon dilemme s’est résolu en 2011, quand j’ai croisé au salon Collexion de Mâcon un certain Eric de Chtarbos Figurines. Sur son stand trônait une statuette du docteur Fatalis dont le rendu métallique m’a époustouflé. Et ce n’était pas du MNM. J’ai discuté avec le peintre et il m’a mis sur la voie de l’utilisation des peintures cellulosiques Alclad.

Cette marque s’est fait une spécialité des peintures métallisées pour le modélisme. Là où la plupart des gammes plus généralistes proposent généralement une demi douzaine de teintes métallisées (un ou deux argentés plus ou moins brillants, pareil pour les dorés …), Alclad propose tout un assortiment de rendus métalliques précis pour des métaux qui ne sont jamais cités dans les autres catalogues. Ainsi le chrome ou le magnésium figurent aux côtés des plus habituels acier et aluminium.

Il s’agit de peintures cellulosiques, avec ce que cela suppose de toxicité. De plus, du fait de l’extrême finesse des particules métalliques qu’elles contiennent, elles ne peuvent être employées qu’à l’aérographe et pas au pinceau. On a donc de la toxicité atomisée pour entrer directement au fond des poumons si l’on ne prend pas certaines précautions comme l’emploi en extérieur et/ou le port d’un masque à filtres.

Mais le rendu métallisé obtenu est véritablement à nul autre pareil. Sauf peut être avec l’emploi de certaines poudres métalliques et encres d’imprimerie à l’huile.

Curieusement, tout ceci est vrai à l’exception du doré. J’utilise alors d’autres peintures mentionnées dans une autre section du présent article.

Les peintures Alclad que j’utilise le plus sont l’acier inoxydable et le chrome, sans égales dans les autres gammes de peintures que j’ai croisées.

Peintures à l’huile

La peinture à l’huile est ma technique de prédilection pour réaliser les effets d’ombres et de lumières qui donnent toute leur saveur aux figurines que nous peignons.

Alors qu’elles sont dédaignées par la plupart des peintres pour être « trop lentes à sécher », c’est précisément ce que j’apprécie chez elles, pour l’éventail technique que cette caractéristique permet. Cet éventail technique pourrait se résumer ainsi : on a le temps de travailler la peinture à même la figurine.

Outre les habituels jus et brossages dont les peintres de figurines sont coutumiers, la peinture à l’huile permet de réaliser des fondus, soit dans le sec, soit dans le frais. Cette capacité à fondre les couleurs permet de réaliser au pinceau des dégradés d’une extrême finesse, plus fins encore qu’à l’aérographe.

Et la cerise sur le gâteau est que l’on obtient ces résultats incomparablement meilleurs avec des techniques beaucoup moins fastidieuses que celles de la peinture acrylique. Nul besoin d’effectuer dix mélanges successifs pour obtenir un dégradé correct.

Lancé dans ma démarche de trouver les meilleures peintures possibles, j’ai utilisé différentes marques : Lefranc & Bourgeois, Royal Talens (gamme Rembrant), un tube de Winsor & Newton et, finalement, Old Holland. Je suis resté sur cette dernière, la plus prestigieuse (et la plus chère), la moins surchargée en huile et la plus noblement pigmentée.

A dire vrai, toutes les marques que j’ai croisées peuvent convenir, du moment que l’on opte bien pour des peintures extra-fines, et pas simplement fines. Old Holland m’apporte principalement le fait de ne pas avoir à laisser dégorger la peinture 20 minutes sur un morceau de carton, car elle n’est pas saturée en huile comme des marques plus abordables.

On peut considérer que c’est cher payer pour pas grand chose. Mais bon, maintenant que je les ai, je m’en sers.

Et puis, sachant qu’un tube fera toute une vie de figuriniste, même la Old Holland ne revient pas si cher sur le long terme en comparaison des petits pots de peintures à maquette, alkydes ou acryliques, qu’il faut régulièrement restocker. J’invite les modélistes qui lisent ces lignes à calculer le prix au litre de leurs peintures habituelles, qu’on rigole un peu.

Un point appréciable des peintures à l’huile est qu’elles ciblent un public d’artistes potentiellement avertis. Cela est vrai, pour le coup, de toutes les gammes sérieuses de peintures pour artistes ; même les acryliques.

Les tubes de ces peintures mentionnent les références des pigments qu’elles contiennent. Ceci est particulièrement appréciable pour effectuer des mélanges de couleurs de façon éclairée.

On a en effet intérêt à limiter le nombre de pigments différents que contient un mélange, pour éviter des réactions intempestives qui finissent par faire incompréhensiblement tendre un mélange vers le gris ou le brun. C’est que les mélanges de couleurs, en peinture, n’obéissent pas aux seules lois de l’optique, mais également à celles de la chimie.

Par exemple, quand on choisira un rouge, on préfèrera prendre un tube qui ne mentionne la référence que d’un seul pigment plutôt qu’un tube qui en mentionne déjà trois et qui risquerait de réserver quelques surprises si on tente de le mélanger à un bleu lui aussi composé pour obtenir un violet ou à un jaune lui aussi composé pour obtenir un orange.

Quand on achète de la peinture conditionnée pour le modélisme (maquettes comme figurines), on n’a jamais les références des pigments et on effectue donc ses mélanges au petit bonheur la chance.

Bronzes à l’huile Schmincke

Les peintures Alclad offrent des rendus métallisés de grande qualité, excepté dans un domaine : les dorés.

Pour palier à cette lacune, il existe dans la famille étendue des peintures à l’huile diverses solutions : poudres métalliques à lier au liquin, encres d’imprimerie quasiment introuvables sauf à se déplacer dans des conventions de peintres de figurines de collection pour s’adresser à la bonne personne qui en revend sous le manteau …

Je me suis, pour ma part, tourné vers la gamme des bronzes à l’huile de Schmincke. Il s’agit de pâtes dorées éclatantes qui se travaillent d’une façon similaire à la peinture à l’huile.

Je les utilise donc, comme les peintures à l’huile pour les couleurs non métallisées, sur une couche de base. Il s’agit généralement d’une couche de Humbrol n°54 (laiton).

Les particules métalliques qu’elles contiennent sont extrêmement fines et ont tendance à voler un peu partout quand on ouvre un pot. Il convient donc de prendre quelques précautions :

Les peintures que je n’utilise pas, ou plus (ou peu)

Peintures acryliques

Commençons par une évidence pour qui aura parcouru ce site : je n’utilise plus de peintures acryliques. Au pinceau, je trouve leurs techniques fastidieuses à employer pour obtenir des fondus de couleurs corrects. Et à l’aérographe, je les trouve trop fragiles, notamment à l’arrachement avec de l’adhésif de masquage.

Ceci concerne également les peintures acryliques solvantées Tamiya. J’ai voulu croire en ces peintures, mais si elles sont peut être marginalement plus résistantes que celles des gammes acryliques aqueuses, elles ne sont pas aussi résistantes que des alkydes.

Elles sont quasiment inutilisables au pinceau et pour les diluer, on a le choix entre du diluant cellulosique ou de l’isopropanol (ce qu’est le diluant Tamiya X20-A) qui est le diluant le plus malodorant qu’il m’ait été donné d’utiliser (ce qui ne signifie pas qu’il soit le plus nocif). Si je dois utiliser des diluants aussi contraignants, j’attend en compensation des caractéristiques bien meilleures que celles des acryliques classiques. Bien meilleures, pas juste un peu meilleures.

Avec les peintures Tamiya, j’ai un peu l’impression d’avoir le pire des deux mondes : les caractéristiques médiocres des peintures aqueuses avec les contraintes des peintures solvantées.

Peintures cellulosiques

Avant de découvrir les peintures bicomposantes, les seules peintures dont j’avais entendu parler qui avaient la réputation d’être potentiellement plus résistantes que les peintures alkydes étaient les peintures cellulosiques.

Après la découverte des peintures Alclad, j’ai fabriqué mes propres peintures cellulosiques avec du médium Alclad et des pigments en poudre Sennelier acheté séparément en boutique de fournitures de beaux arts. J’ai obtenu des peintures utilisables, quoiqu’ayant tendance à facilement boucher la buse de l’aérographe.

Mais le caractère plus résistant des peintures cellulosiques par rapport aux peintures alkydes est discutable. Sur des figurines en métal, c’est peut être le cas. Mais certainement pas sur des figurines en plastique plus souples et sujettes aux déformations.

Les peintures cellulosiques constituent, une fois sèches, un film extrêmement rigide. Aussi, si le support subit des torsions et des déformations, la rigidité du film ne lui permet pas de suivre et la peinture peut se craqueler et partir sous forme d’écailles. Les peintures alkydes sont, quant à elles, remarquablement souples, ce qui leur confère une résistance plus universelle vis à vis du support.

Plus tard, après avoir pu m’en procurer auprès d’une boutique en ligne polonaise, j’ai également essayé des peintures de la gamme Mr Color de Gunze Sangyo (à ne pas confondre avec la gamme Mr Hobby, constituée d’acryliques). Ces peintures ne sont pas des cellulosiques pures, mais des cellulosiques acryliques.

Elle contiennent une part de résines acryliques pour les assouplir, justement. Mais malgré cela, j’ai quand même constaté leur tendance à craqueler lors de tests de torsion. Dans les monocomposantes, j’en suis donc revenu aux alkydes, moins contraignantes (diluants moins nocifs), d’un niveau de résistance globalement comparable mais plus souples et offrant, de plus, certaines affinités avec les peintures à l’huile.

J’ai donc décidé de laisser tomber l’idée des peintures cellulosiques, en dehors des peintures métallisées Alclad, incontournables pour de bons rendus métalliques.

Les peintures cellulosiques n’apportent, au mieux, que des gains de résistance marginaux par rapport à des peintures alkydes. Et encore, ce n’est pas certains. Dans tous les cas, on reste globalement dans le même ordre de grandeur de résistance, que l’on pourrait considérer comme étant d’un ordre de magnitude supérieur à la résistance des acryliques.

Peintures polyuréthanes

Il faut rentrer dans le domaine des peintures bicomposantes pour sauter un nouvel ordre de magnitude de résistance par rapport aux peintures alkydes et aux peintures cellulosiques. C’est ainsi que j’en suis venu à m’intéresser aux peintures époxys d’une part et aux peintures polyuréthanes d’autre part.

Si je continue à utiliser des peintures époxys, j’ai lâché l’affaire avec les peintures polyuréthanes. En fait, pas tout à fait. Comme j’en ai constitué (à grands frais) un certain stock, je continue à l’utiliser de temps à autres. Mais je suis bien résolu à ne pas le renouveler.

D’après ce que j’ai lu, principalement sur des forums de custom automobile, les peintures époxys sont les plus résistantes à l’arrachement et les peintures polyuréthanes les plus résistantes à l’abrasion. La combinaison ultime semblait donc consister à utiliser l’époxy pour l’apprêt et les premières couches de base et le polyuréthane pour les couches supérieures et le vernis.

Des peintures bicomposantes imposent des contraintes qui sont inhérentes à leur nature. Il faut mélanger la peinture avec un durcisseur pour qu’elle soit complète.

Ceci dit, les peintures polyuréthanes m’ont permis de me rendre compte qu’il pouvait y avoir plusieurs degrés de contraintes.

Cela commence dès la commande en ligne du produit. Je me suis procuré mes peintures polyuréthanes auprès d’un fournisseur dont le site permet de commander des teintes à la commande, à partir de codes RAL ou Pantone. Parfait.

Et les teintes peuvent être commandées soit en mat, soit en brillant. C’est moins bien que le système des époxys Klass Kote qui permet d’obtenir une même teinte en brillant ou en mat en jouant sur le durcisseur avec lequel on la mélange, mais c’est acceptable. D’autant plus que pour peindre des figurines, en dehors des bases pour les métaux Alclad, on a essentiellement besoin de teintes mates.

Tout ceci semble bien beau en théorie, mais en pratique ça se complique considérablement :

  • La machine dont le fournisseur se sert pour composer les teintes est, semble t’il, plus facile à manipuler avec des codes RAL que des codes Pantone. Pas de chance pour moi, j’avais décidé de me baser sur des codes Pantone, investissant même dans un nuancier fort coûteux.

    Donc certaines des teintes que j’avais commandées n’étaient tout simplement pas disponibles, problème qu’il a fallut résoudre au téléphone avec le fournisseur en testant des codes Pantones les uns après les autres.

  • Toutes les teintes ne sont pas disponibles en mat. La plupart, même, ne sont disponible qu’en brillant.

    Tout cela peut se ratrapper avec un vernis mat, mais c’est quand même une contrainte supplémentaire.

  • Cela n’empêche pas qu’il y ait (au moins) deux durcisseurs différents. Certaines teintes s’utilisent avec l’un, d’autres avec l’autre. Il faut donc retenir les bonnes combinaisons.

    De même, il y a deux diluants différents, chacun allant de paire avec un durcisseur. Ces diluants, comme ceux des époxys, appartiennent à la grande famille des diluants cellulosiques.

    On reste donc dans le même niveau global de toxicité, si ce n’est que les peintures polyuréthanes elles-mêmes sont plus malodorantes que les peintures époxys.

  • Les proportions peinture / durcisseur sont bien moins simples à obtenir que le moitié / moitié de bon aloi des époxys Klass Kote.

    Avec l’un des durcisseurs les proportions sont de 1 pour 5 et avec l’autre, elles sont (encore pire) de 1 pour 9. Tout cela est étudié pour la préparation de quantités de peinture relativement importantes, typiques de la peinture de carrosserie (à l’échelle 1, pas sur des maquettes). Pour de petites quantités comme celles qui sont typiques pour la peinture de figurines, il est véritablement difficile d’atteindre des précisions au dixième.

  • D’ailleurs, les plus petits conditionnements disponibles sont au litre.

Bref, autant les époxys ça reste vivable pour un modéliste particulièrement impliqué dans son hobby, autant les polyuréthanes c’est vraiment trop contraignant.


  1. Comme l’indiquera la section de cet article consacrée aux peintures polyuréthanes, leur dosage en petites quantités est difficile. Aussi il est tout à fait possible que ces déconvenues à l’arrachement soient le fruit de mélanges pas assez bien proportionnés de peinture et de durcisseur.

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