Figurines & modélisme

Guillaume Ponce

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Peintures Alclad à l’aérographe

La marque Alclad est essentiellement connue et réputée pour ses peintures cellulosiques métallisées ; même si elle a également à son catalogue quelques autres produits, comme des apprêts, des vernis ou des candies. C’est à l’utilisation de ces peintures métallisées qu’est consacré le présent article.

Ces peintures s’utilisent exclusivement à l’aérographe, car leurs pigments métalliques sont si fins et en suspension dans un médium si liquide que les pinceaux ne parviennent pas à avoir une prise suffisante sur eux. Ces peintures sont par ailleurs commercialisées avec une dilution qui permet de les utiliser à l’aérographe directement à la sortie de la bouteille. Elles se présentent même sous une forme sensiblement plus liquide que la consistance du lait qui est habituellement préconisée pour l’aérographie, ce qui indique qu’elles sont largement assez diluées comme ça.

Précisons enfin que, s’agissant de peintures cellulosiques, elles forment après séchage un film extrêmement rigide. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai abandonné toutes les autres peintures cellulosiques que j’ai essayées. Je ne conserve les Alclad qu’en raison de leurs rendus métallisés inégalés par la concurrence ; mais je les réserve plutôt à des supports rigides comme des figurines en métal ou, à la rigueur, des figurines en plastique de grand format et épaisses.

La couche sous-jacente

La gamme Alclad se divise en plusieurs sous-gammes, correspondant à différents types de finitions. L’une de ces sous-gammes, la gamme « High Shine », comprend les teintes correspondant aux métaux les plus éclatants, comme le chrome ou l’acier inoxydable.

La particularité de cette gamme « High Shine » est de tirer l’essentiel de son éclat final non pas des paillettes métalliques qu’elle contient, mais du brillant de la couche sous-jacente sur laquelle elle aura été pulvérisée. L’attention apportée à cette couche sous-jacente est donc aussi importante, si ce n’est plus, que celle apportée à la couche de peinture Alclad elle-même.

Il s’agit donc d’utiliser la peinture la plus brillante que l’on puisse trouver.

Alclad commercialise sa propre peinture noire brillante à cette fin. De l’avis général collecté sur divers forums sur Internet, il semblerait que le rendu de ce produit ne soit pas si formidablement brillant. Certains lui préfèrent, par exemple, la peinture acrylique noire brillante de chez Tamiya.

Pour ma part, je n’ai jamais trouvé dans aucune autre gamme des peintures aussi éclatantes que celles de la gamme brillante des peintures alkydes Humbrol Super Enamel. Seulement, il n’est théoriquement pas indiqué d’utiliser des peintures cellulosiques par dessus des peintures alkydes. Ces dernières sont en effet sensibles aux diluants cellulosiques.

Il se trouve que j’ai testé avec succès au moins deux peintures de la gamme « High Shine » par dessus du noir brillant Humbrol n°21 : le chrome (Alclad n°107) et l’acier inoxydable (Alclad n°115). En revanche, en voulant généraliser le principe de la couche brillante à toutes les teintes métalliques, j’ai effectivement rencontré des problèmes avec d’autres teintes Alclad hors gamme « High Shine », notamment la teinte cuivre (Alclad n°110). La peinture alkyde sur laquelle je l’ai pulvérisée s’est mise à cloquer et à peler.

Je n’ai pas eu le loisir de tester toutes les teintes « High Shine » sur la peinture Humbrol. Je ne peux donc certifier comme un principe général le bon fonctionnement de cette combinaison. Je conseille donc de tester chaque combinaison sur un support sans importance, comme une cuillère en plastique, et de se rabattre sur une autre peinture en cas de problème (comme le noir brillant Tamiya X-1).

Application de l’Alclad

Une fois la question de la couche sous-jacente résolue, on peut passer à l’application de la peinture Alclad elle-même. Comme indiqué en introduction de l’article, les peintures Alclad peuvent passer directement de la bouteille au godet de l’aérographe sans autre forme de dilution.

Il convient de les pulvériser à une pression plutôt plus basse que la plupart des peintures pour aérographes, de l’ordre de 0,7 ou 0,8 bars. Pour ma part, je règle mon compresseur à 1 bar et j’utilise la molette de régulation de la pression située sur mon aérographe pour la diminuer en deça.

La peinture doit être déposée en douceur, en baladant lentement l’aérographe quelques centimètres au dessus des zones à peindre.

S’agissant de peintures cellulosiques, elles sèchent très vite. Plus encore que des peintures acryliques.

Elles ont généralement une bonne résistance à l’arrachement et peuvent être masquées à l’adhésif.

Les références de la gamme « High Shine » font malheureusement exception à cette règle. Si je dois impérativement les masquer tout de même, j’essaie de me débrouiller en plaçant du cellophane sur les zones à masquer plutôt que directement avec de l’adhésif.

Nettoyage de l’aérographe

Il est particulièrement difficiles d’éradiquer d’un aérographe toutes les fines particules métalliques laissées par le passage d’une peinture Alclad. Si bien que j’ai finalement renoncé à employer une procédure de nettoyage aussi complète que celle que j’emploie pour les peintures alkydes.

Au lieu de cela, j’emploie un aérographe que je dédie aux seules peintures métallisées (Alclad ou autres). Le fait d’utiliser des aérographes peu coûteux me permet ce luxe.

Entre deux teintes Alclad pulvérisées lors d’une même séance, je me contente de passer 1 ou 2 godets de diluant cellulosique pour nettoyer sommairement l’aiguille et la buse, sans démonter l’aérographe. J’utilise à cette fin le diluant cellulosique de marque Onyx, que l’on trouve facilement en droguerie ou dans des magasins de bricolage tels que Castorama ou Weldom.

A la fin de ma séance de peinture :

  1. Je passe également 1 ou 2 godets de diluant cellulosique, comme entre deux teintes Alclad.

  2. Je démonte ensuite l’aérographe.

    Je nettoie l’aiguille avec un coton tige imbibé de diluant cellulosique, puis je la range.

  3. Toujours avec un coton tige imbibé de diluant cellulosique, je nettoie le cache de la buse. Puis je le dévisse et je le range.

  4. J’enfile ensuite la buse, sans la démonter de la tête de l’aérographe, dans l’embout d’une bombe de nettoyant de la marque Ghiant et j’effectue de 1 à 3 pulvérisations en direction d’une feuille de papier absorbant blanche. Le nettoyant va traverser la buse en sans inverse.

  5. Je nettoie l’intérieur du godet et les éventuelles coulures à l’extérieur en passant un coton tique imbibé de diluant cellulosique.

  6. A l’aide d’une pipette, je fais couler du diluant cellulosique à travers le corps de l’aérographe au dessus d’une feuille blanche de papier aborbant. Je répète cette opération 1 ou 2 fois de plus.

  7. Enfin, je rince abondamment le corps de l’aérographe à l’eau vive, sous un robinet, afin d’éviter de laisser traîner du diluant cellulosique à l’intérieur jusqu’à son évaporation.

La question du vernis

Le principal atout des peintures Alclad est le réalisme de leurs rendus métallisés.

Or, un vernis est susceptible d’altérer ce rendu.

D’un autre coté, certaines teintes Alclad, les fameuses « High Shine », sont relativement fragiles à l’arrachement et à l’acidité déposée par les doigts lors de la manipulation. Un vernis pourrait donc ne pas être un luxe.

Il y a donc là un dilemme à résoudre.

En ce qui me concerne, je vernis toutes mes figurines avec deux vernis successifs : le premier, brillant, pour la protection qu’il apporte et le second, mat, parce que c’est un rendu mat que l’on recherche le plus souvent sur les figurines. Les métaux font justement exception à cette recherche d’une finition mate.

Je vernis donc l’intégralité de mes figurines au vernis brillant, puis je la vernis au vernis mat sauf en ce qui concerne les parties métallisées. Pour cela, soit j’utilise un vernis mat applicable au pinceau qui me permettra d’épargner les parties métallisées, soit je les masques avant d’appliquer un vernis mat en bombe.

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