Figurines & modélisme

Guillaume Ponce

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Apprêts

Cet article n’est pour l’heure qu’une ébauche. J’ai dors et déjà comparé un certain nombre de produits, mais d’une façon un peu trop informelle pour être correctement exploitée ici.

Je dois donc prochainement conduire des tests complémentaires, plus poussés et plus formels dont je livrerai les résultats dans une version plus travaillée de cet article. Mais un certain nombre des produits à tester se présentent sous la forme de bombes aérosols dont l’utilisation imposent certaines contraintes de température et d’humidité et que je n’utiliserai pas en intérieur chez moi pour des raisons de nocivité des produits vaporisés. Tout ceci devra donc attendre une période plus estivale sous mes latitudes françaises.

Les qualités essentielles que je recherche dans un apprêt sont :

Sa finesse

Rien ne servirait d’investir dans des figurines aux détails finement gravés si c’était pour les transformer en bibendum avec une épaisse couche d’apprêt.

Le conditionnement de l’apprêt et son mode d’application induit peuvent avoir une certaine influence sur cet aspect. Une bombe aérosol offre par exemple un contrôle moindre qu’un aérographe. Et il existe également des bombes aérosols de diverses qualités, avec des gaz propulseurs différents et sous des pressions différentes.

Son accroche au matériau

L’apprêt sert d’interface entre le matériau et la peinture et il est destiné à augmenter l’accroche de cette dernière. Il convient donc qu’il accroche lui-même correctement au matériau.

Rien ne servirait en effet que la peinture accroche parfaitement à l’apprêt si lui-même se décroche du matériau.

La surface qu’il présente pour la peinture

Une fois acquise l’accroche de l’apprêt au matériau, il faut aussi que la peinture accroche à l’apprêt.

Différents apprêts peuvent présenter différentes granularités et rugosités de surfaces. Ce qui se traduit entre autres choses par un aspect plus ou moins mat. Certains apprêts offre un rendu parfaitement mat, d’autres tendent vers le satiné.

Une certaine rugosité améliore l’accroche de la peinture. Sur un apprêt parfaitement lisse (qui aurait un rendu brillant), la peinture aurait tendance à glisser.

Mais une trop grande rugositité nuirait à la finesse. Certains apprêts donne une texture granuleuse qui perdurera après la peinture (à moins qu’on l’applique comme un sagouin en couches trop épaisses) qui ne conviendra pas, par exemple, à la peau d’une princesse elfique.

Le bon apprêt doit donc apporter une juste mesure dans ce domaine.

Sa couleur

Un bon apprêt doit présenter une couleur écran, c’est à dire une couleur qui va réfléchir une partie appréciable du spectre lumineux visible par l’œil humain.

La raison en est que différentes longueurs d’ondes de lumière vont être capables de pénétrer plus ou moins profondément dans les matériaux avant d’être réfléchies. C’est comme cela que fonctionne l’imagerie médicale à rayons X, en utilisant des longueurs d’ondes se situant hors du spectre visible et capables de pénétrer plus profondémment dans la matière. Pour la lumière, c’est la même chose à des échelles de pénétrations plus petites mais néanmoins sensibles.

Une partie de la lumière arrivant sur une figurine peinte va pénétrer les couches de peintures et parvenir jusqu’à l’apprêt. Si cette apprêt présente une bonne couleur écran, alors il réfléchira une plus grande partie de cette lumière qui retraversera les couches de peinture dans l’autre sens jusqu’à parvenir jusqu’à l’œil.

Plus cette quantité de lumière renvoyée sera importante, plus les couleurs auront de l’éclat. Au contraire, moins cette quantité de lumière renvoyée sera importante, plus les couleurs seront ternes1.

De bonnes couleurs écran sont le blanc (un blanc parfait renvérait toute la lumière qu’il recevrait) et les gris assez clairs. La pire couleur écran que l’on puisse imaginer est le noir (un noir parfait absorberait toute la lumière qu’il recevrait).

C’est la raison pour laquelle je suis toujours mystifié de voir nombre de peintres de figurines, y compris dans mon entourage proche, utiliser quasiment exclusivement des sous-couches noires.

En ce qui me concerne, une sous-couche doit donc généralement être blanche ou d’un gris plutôt clair. Les sous-couches colorées peuvent avoir une utilité dans des cas très particuliers et le noir n’est lui-même qu’un cas particulier parmi ces cas particuliers.

Pour les impatients, en attendant mes prochains tests, voici une liste de références que je considère comme étant d’une qualité que je qualifierais d’au moins « assez bonne » :

Et voici maintenant une liste de produits que je déconseille à l’usage des modélistes :

A noter enfin : certains peintres utilisent de la peinture enamel Humbrol en guise d’apprêt. Cette peinture à une accroche suffisamment bonne et présente une surface mate de qualité qui en fait un apprêt qui en vaut bien d’autres. D’ailleurs, la référence Humbrol n°1 est désignée comme un apprêt (gris clair) plutôt que comme une peinture. Elle peut s’appliquer au pinceau comme à l’aérographe et résiste dans les deux cas au test de grattage à l’ongle.


  1. Un aspect terne et désaturé peu légitimement être recherché sur certains sujets, pour véhiculer certaines émotions. Mais il y a de meilleurs moyens d’y parvenir que l’emploi d’un apprêt, notamment et évidemment en utilisant des peintures présentant des tons désaturés. Il est important d’avoir en tête que la figurine ou la maquette n’étant pas elle-même une source de lumière, la synthèse des couleurs qui s’opère sur elle est soustractive et non pas additive. Cela revient à dire que des couches successives de teintes peuvent retirer de la luminosité à la figurine, mais jamais en ajouter.

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