Colles

Cet article n’est pour l’heure qu’une ébauche. Il sera complété ultérieurement, quand j’aurai pris le temps d’effectuer des tests poussés avec des résultats mesurables (sinon par des valeurs exactes au moins en ordre d’idées).

En attendant, je peux tout de même vous livrer l’état actuel et subjectif de mes appréciations en matière de colles.

Que l’on soit figuriniste ou maquettiste, on a régulièrement à faire à des modèles en plusieurs pièces à assembler. Ceci est inhérent aux techniques de moulage du métal, de la résine ou du plastique que les fabriquants utilisent. Ce fait perdurera donc probablement au moins jusqu’à la démocratisation de l’impression 3D à grande échelle avec un niveau de finesse satisfaisant pour le modélisme. On va donc devoir se résoudre à coller des pièces pendant encore un certain temps.

La qualité essentielle et quasiment unique1 que j’attends personnellement d’une colle est la solidité procurée à l’assemblage. Vous noterez par ailleurs que j’ai pour habitude d’augmenter cette solidité en tigeant les pièces à assembler chaque fois que leur configuration le permet.

De ce point de vue, le type de colle globalement le plus satisfaisant que j’ai trouvé jusqu’ici est la colle epoxy. Je la trouve incomparablement supérieure à la colle cyano (super-glue et consorts) que j’utilisais auparavant et que la plupart des figurinistes autour de moi continuent à utiliser.

Bien qu’à la lecture des caractéristiques sur les emballages, la colle cyano soit généralement annoncée avec une force d’adhésion théorique supérieure à celle de l’epoxy, mon expérience personnelle me suggère le contraire en pratique. Par ailleurs, la colle epoxy est pourvu d’une plus grande elasticité que la cyano. Cela lui permet d’encaisser une partie des chocs que le collage pourrait subir plutôt que de casser net comme cela arrive avec la colle cyano qui est quant à elle au contraire particulièrement rigide.

La colle epoxy que j’utilise se présente en deux composantes séparées : une résine et un durcisseur. Certaines marques les conditionnent en seringues doubles, ce qui est assez pratique pour délivrer des doses à peu près égales de chacune des composantes à mélanger.

Il existe des colles epoxy annoncées avec diverses durées de séchage. J’ai lu que plus le temps de séchage nécessaire est long et plus la résistance finale est importante. Je n’ai pas vérifié cette affirmation par mes propres moyens, mais elle me paraît a priori suffisamment raisonnable pour que je l’intègre dans l’état actuel de ma pratique.

La référence que j’utilise actuellement (et au moins encore pour le temps que je mettrai à écouler le stock de seringues que j’ai achetées d’avance) est la colle de marque Sader vendue en seringue blanche et bleue et avec un temps de prise affiché de deux heures. En fait, ce temps est celui pendant lequel on peut théoriquement continuer à travailler avec la colle et repositionner les pièces à coller.

Son temps de prise effectif est plus long. Je ne l’ai pas mesuré exactement, mais à vue de nez il doit avoisiner les huit heures.

J’utilise cette référence car, parmi celle que je peut trouver facilement chez mes revendeurs locaux (magasins de bricolage), c’est celle qui est annoncée avec le plus long temps de séchage.

A vrai dire, je sais de sources respectables qu’il existe des colles epoxy aux temps de séchage plus longs, avoisinant les vingt quatre heures.

Lorsque je prendrai le temps de me pencher sur la question et de tester différentes colles, je jetterai probablement mon dévolu sur des marques comme Araldite (annoncée avec une prise définitive en quatorze heures). Il me reste également à explorer le domaine des pâtes epoxy prévues pour la réparation. Si vous avez des réferences à me conseiller, je suis tout ouïe.


Une autre alternative mériterait également d’être explorée, celle de la soudure au bismuth (pour des pièces métal sur métal exclusivement). J’ai lu que certains figurinistes historiques utilisaient ce procédé. J’ai personnellement essayé avec de la soudure à l’étain, mais sans succès :

  • L’étain nécessite une chaleur importante à laquelle est associé un gros risque de détériorer la pièce si on en approche trop le fer.

  • L’étain fondu refroidi et se fige trop vite pour qu’on ait le temps d’assembler les pièces après avoir déposé une goutte d’étain sur une seule des deux. Il en découle que la seule façon de procéder serait de tenir les pièces côte à côte (à l’aide d’une troisième main) et d’appliquer l’étain au fer au plus près de la zone d’assemblage, avec le risque mentionné ci-dessus.

Les utilisateurs de ce procédé que j’ai lu mentionnent bien spécifiquement la soudure au bismuth, et non à l’étain. Mais elle n’est pas disponible chez mes revendeurs habituels et je ne m’en suis pas encore procuré.

Là aussi, n’hésitez pas à me contacter si vous avez des éléments dont vous voudrez bien me faire part.


Pour terminer cette ébauche d’article, notons que mon utilisation quasiment exclusive de la colle epoxy souffre tout de même une exception.

Il existe des colles spéciales pour le plastique. Elles sont vendues en magasin de modélisme pour coller exclusivement des pièces en plastique sur d’autres pièces en plastique (et non pas pas plastique sur métal, les débutants s’y laissent parfois prendre). Elles fonctionnent en faisant fondre chimiquement le plastique sur les zones à assembler, qui restent solidaire l’une de l’autre une fois que le plastique fondu s’est refigé.

Habituellement, je leur préfère quand même la colle epoxy, même pour des figurines tout en plastique2.

Mais quand il s’agit de pièces vraiment fines et flexibles, impossible à tiger et à maintenir en position pendant plusieurs heures à l’aide de pinces, alors il est nécessaire d’utiliser une colle plus rapide. Dans ce cas précis, j’utilise de la colle à plastique, généralement de marque Tamiya, mais je n’ai pas de préférence très marquée pour une marque par rapport à une autre.


  1. D’autres modélistes peuvent attendre d’autres qualités, en fonction des types de travaux auxquels ils s’adonnent. Citons entre autres possibilités la transparence de la colle une fois sèche, pour les maquettistes qui doivent coller des pièces transparentes comme des pare-brises de voitures ou des lentilles de feux de signalisation ferroviaires.

  2. Il est à noter qu’il existe une grande variété de plastiques de qualités diverses. Les plastiques de plus grandes qualité tendent désormais à se rapprocher des résines et on pourrait assez vite finir par avoir des difficultés à discerner l’un de l’autre (certains matériaux sont d’ailleurs annoncés comme des « plastiques résines » ou des « résines plastiques »). En arrière plan se pose la question de la compatibilité de telles colles avec ces nouveaux matériaux. L’epoxy, elle, est compatible avec tout.

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